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Les séduisantes et pertinentes réflexions de J. Schaeffer sont venues faire écho à un article que nous rédigions alors sur les processus de symbolisation. Une de ses hypothèses a particulièrement retenu notre attention : l'hystérique déléguerait à l'autre la fonction de représentation, J. Schaeffer opposant un excès de figuration à un silence de la représentation. Deux points essentiels nous ont paru découler de cette hypothèse : d'une part l'importance de l'objet pour l'hystérique, son besoin d'objet, d'autre part la spécificité du travail de représentation de celle-ci2. Avant de développer notre position personnelle sur ces deux points, soulignons notre accord sur l'idée préalable selon laquelle l'hystérique a besoin de l'autre pour tenter de maîtriser ses affects et d'accéder à une pensée plus secondarisée. Le sujet hystérique ne peut être seul avec lui-même qu'en présence de l'autre, d'un objet, si ce n'est son objet, c'est ce que nous voudrions montrer.
Il nous paraît difficile de concevoir qu'il y aurait chez l'hystérique à la fois excès figuratif, vivacité sensorielle des images, et défaut de représentation. Cette contradiction attire cependant l'attention sur le caractère économique du travail représentatif, les représentations en elles-mêmes ayant alors moins d'importance que les liens qui unissent l'affect aux représentations, et celles-ci entre elles. A l'instar du rêve, il ne peut y avoir de figuration sans mise en représentation, de mot et de chose, des motions pulsionnelles ; le préconscient ne connaît les choses que par association avec les mots. La pensée préverbale, cependant indubitable, est recouverte par l'amnésie infantile. Aussi, bien qu'il n'y ait pas de processus figuratifs sans travail de représenration,