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Le temps nous étant mesuré, je me limiterai à quelques fragments de ce qui aurait pu donner lieu à une très longue intervention.
Le psychanalyste fonctionne-t-il dans la situation analytique sur le mode du souvenir ou sur celui de la réminiscence ? Voilà une question qui m'a paru — je vous le disais hier — se situer au centre de nos débats. Or, mon premier point est suscité par ce que René Diatkine vient de nous dire, et à quoi j'ai été très sensible, concernant la distinction entre le souvenir et la réminiscence. Cette distinction est effectivement à prendre dans deux sens. Diatkine, quant à lui, l'a prise dans le sens de : « Nos souvenirs, nos réminiscences. » En l'écoutant, j'ai pensé à autre chose, plutôt à quelque chose qui m'a paru implicite dans ses propos. J'ai pensé à la précision des souvenirs. Un patient dont je m'occupe depuis toujours et dont j'espère m'occuper encore longtemps cultive des souvenirs de sa petite enfance qui, pour l'essentiel, forment une constellation de quatre ou cinq scènes, invariables, d'une parfaite netteté, dont les deux principaux épisodes — les plus prégnants — sont pourtant manifestement faux du point de vue de ce que Freud appelait la « réalité extérieure » ou « factuelle » ou « matérielle ». Il s'agit de ce que l'on appelle des souvenirs-écran. Voilà qui me permet de réparer un oubli : j'aurais dû signaler hier que le revirement de Freud en matière d'étiologie de l'hystérie n'a pas été étranger à la découverte du souvenir-écran, qu'il portait en germe.
Janine Chasseguet. Smirgel a parlé à plusieurs reprises du travail que nous avons à faire, cela m'a frappé. S'il s'agit, certes, de nous psychanalystes, qui avons à faire un travail avec nos patients, et non de nous « mon patient et moi », il reste que le consensus exprimé par ce « nous » peut avoir deux objets différents. S'agit-il, par exemple, de tenter de se prononcer sur des questions relatives aux souvenirs et aux réminiscences de nos patients, ou d'étudier les incidences d