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Alain de Mijolla signale avec exactitude l'impossibilité d'élaborer une nosographie psychanalytique sans y intégrer le contre-transfert, pourtant jusqu'à présent grand absent de toutes les tentatives de description psychopathologique considérées sous l'angle de la psychanalyse.
Je pense que, psychanalytiquement parlant, un hystérique, un obsessionnel ou un phobique vu de l'extérieur de la situation analytique, de façon unipersonnelle, n'est qu'un être de fiction.
Je voudrais, sur le chapitre de l'hystérie, contribuer par un grain de sable à cette nosographie transféro-contre-transférentielle. Sous réserve, toutefois, qu'il s'agit du transfert d'une patiente femme et du contre-transfert d'une psychanalyste femme aussi.
Adoptant la remarquable description de Jeanneau, je considère comme hystérique celle qui désire sans arrêt la relation fusionnelle, qui fait se mouvoir tous ses fantasmes autour de la situation œdipienne, qui est devenue ce qu'elle a vu (la scène primitive) et la donne à voir à l'autre, qui a sa libido tournée vers l'objet de l'objet, qui incarne le féminin considéré à la manière névrotique (représentant le manque), qui impressionne comme inauthentique, grande imitatrice, inachevée, mythomane montrant justement qu'il ne s'est rien passé.
Pour formuler mes hypothèses, je m'appuierai sur un cas où, dès le début de la relation analytique, le désir de séduction, directement dans le transfert ou par le biais de transferts latéraux, se présente sous la forme d'une identification à ce que l'autre est supposé désirer. Il s'accompagne d'une dramatisation incessante. Contre-transférentiellement, je fus d'abord une proie facile (séduite), puis j'observai en essayant de me soustraire autant à la séduction qu'au rejet impatient. Finalement, je fus à nouveau séduite (de façon sublimée, oserais-je dire) par l'intérêt particulier de cette hystérie portée, pour ainsi dire, à son comble.