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Tandis que j'essayais de rassembler les idées — trop nombreuses —, les sentiments — trop complexes — que suscite en moi ce Congrès, pour répondre ainsi au voeu d'Henri Vennorel, je recevais une lettre d'amis très chers et lointains (je tairai volontairement les noms de personnes et de lieux) me faisant part de leur désappointement : le compte rendu du Congrès, dans leur société, n'avait même pas mentionné la particularité de ce retour de la communauté psychanalytique sur le sol allemand pour la première fois depuis 1932, quarante ans après la fin de la guerre, et avait éludé le problème du Nazisme et de la journée qui lui avait été consacrée (mais tout le Congrès n'a-t-il pas été traversé par ce problème ?). Il était clair que le message de mes amis contenait une plainte, portait la marque d'une déception : les analystes juifs n'étaient-ils pas seuls à ressentir ce que ce contact avec les collègues allemands avait de troublant, de difficile, d'intéressant, d'émouvant aussi ? L'un de mes amis venait précisément d'être interviewé par un journal de son pays sur le Nazisme et le terrorisme moyen-oriental, alors que des bombes éclataient depuis plusieurs semaines devant des écoles juives et des jardins d'enfants (informations que nos médias ne nous ont pas transmises). Au lendemain de la publication de l'interview, il recevait des menaces de mort par téléphone. Une voix au fort accent allemand lui disait que les Nazis étaient huit millions dans le monde (sic) et qu'ils finiraient bien par venir à bout de la vermine juive dont il fallait nettoyer la terre… Certaines voix s'élèvent en Allemagne ou ailleurs pour dire que, quarante ans, vraiment, c'est assez, et qu'il faut oublier et tirer un trait…
Cette indifférence à l'égard du problème posé par ce retour en Allemagne, je l'ai rencontrée dans ma propre société malgré d'heureuses exceptions. Quant à la plupart des collègues de l'APF, ils se sont faits, pour l'occasion, si discrets qu'on ne peut vraiment pas deviner ce qu'il