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D'importantes divergences séparent les attitudes des psychanalystes face au déni (ou au désaveu) dans la cure : Betty Joseph et Eric Brenman s'accordent sur la possibilité de traiter le déni exactement comme n'importe quelle autre opération défensive du moi. Pourtant ils diffèrent sur les précautions à prendre en pareil cas. B. Joseph conseille d'interpréter le masochisme avant le déni, alors que Brenman recommande de faire l'inverse. S'opposant à tous deux, Jean-José Barones n'interprète pas directement le déni, mais suit une démarche complexe qui implique une construction mettant en cause les génératiom précédentes. Quant à Thalia Vergopoulo, elle soutient que c'est son silence qui a permis au déni de ses patients de s'élaborer.
Devant de telles discordances, on peut d'abord se demander si tous les analystes pensent aux mêmes faits quand ils parlent de déni. En effet, il est aisé à un psychiatre de parler de « déni de réalité » devant un syndrome de Cottard, une confusion mentale aiguë ou une perversion sexuelle. Mais la situation analytique se caractérise par la mise au repos des perceptions externes pour les deux protagonistes. Autant que possible, aucune réalité extérieure ne s'y donne à percevoir. Aussi, quand un analyste parle d'un « déni de réalité » dans une cure, il entend le plus souvent par là que le patient n'accorde aucune signification psychique à une expérience qu'il partage avec lui : la séparation du week-end (Brenman), la mise en danger de la psyché et du corps propre (B. Joseph). De même, Freud emploie le terme de déni en l'absence de fantasme de castration face à la différence des sexes. Mais l'absence des rejetons de la signification psychique qui devrait être accordée à une réalité peut tout aussi bien être due à la réussite du refoulement de cette signification. Un deuxième facteur doit donc être invoqué par les auteurs qui parlent de « déni » ou de « désaveu ».
Dans tous les cas rapportés dans ce volume (mais non dans les exemples