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Bien qu'il ne soit pas « d'opposés », le couple : déni-clivage est mal assorti. Réunies officiellement dans la métapsychologie après 1924-1925, les deux notions sont en fait d'âge bien différent. Si le déni est d'apparition tardive, le clivage, en revanche, Freud l'a trouvé très tôt, à ses débuts, chez Janet et Breuer. Dans le texte de 1894, Les psychonévroses de défense1, le clivage est présent, pas le déni, alors que pourtant Freud possédait de nombreux éléments cliniques qui auraient pu lui permettre de mettre en place cette notion. Mais pouvait-il la penser théoriquement ? Il semble bien, en tout cas, l'avoir évacuée (rejetée, déniée ?), tandis qu'il en construisait une autre, celle du refoulement.
Il s'agit donc ici d'étudier le texte de 1894, puis, plus rapidement, de voir (ré)apparaître plus tard le déni. Ce rejet du déni serait-il un bon exemple de déni ? sa (ré)apparition serait-elle dès lors une sorte de retour du refoulé par rapport à ce que la valorisation du refoulement avait obligé à… dénier ? Questions corollaires : en fonction de quoi Freud en 1894 pense-t-il le refoulement ? comment à partir de 1925 inclut-il le déni dans un système théorique pensé en fonction du refoulement ? comment enfin le trajet pour répondre à ces questions passe-t-il par l'après-coup et la castration ?
Le contexte : Cet article témoigne de la réflexion menée par Freud avec Breuer ; il suit la « Communication préliminaire » (1892) publiée en commun et précède les Etudes sur l'hystérie (1895) qui font état d'une divergence, sensible déjà en 1894. Il est contemporain des Manuscrits, des Lettres à Fliess et de l'Esquisse.
Le titre : Si le terme « psychonévrose » est connu et courant, le mot « défense », en revanche, est nouveau et prend un statut théorique officiel dont Freud assume la paternité. Le mot est complété et éclairé dès la