You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Le Moi de l'enfant, sous la domination du monde réel, se débarrasse de ses demandes instinctuelles indésirables par ce que nous appelons des refoulements. Nous compléterons cela maintenant en soutenant que, durant la même période, le Moi se trouve souvent en position de repousser des demandes issues du monde extérieur perçues comme angoissantes : ceci est effectué au moyen du déni des perceptions qui entraînent la connaissance de ces demandes venant de la réalité. Les dénis de cette sorte se produisent très souvent, et pas seulement chez les fétichistes ; et, lorsque nous pouvons les étudier, nous constatons que ce ne sont que des demi-mesures, des tentatives incomplètes pour se détacher de la réalité. Le déni se complète toujours d'une reconnaissance ; deux attitudes contraires et indépendantes l'une de l'autre sont toujours présentes et résultent d'une situation où le Moi est clivé. Une fois de plus l'issue dépend de l'attitude qui acquiert la plus grande intensité » (Freud, 1938, Abrégé de psychanalyse, SE 23, p. 203-204)1.
Si j'ai cité largement ce passage d'un texte de la fin de l'œuvre de Freud, c'est qu'il contient presque en totalité les sources de la réflexion qui m'ont guidée dans l'écriture de l'exposé qui va suivre : l'opposition refoulement-déni, associée au caractère interne ou externe de la demande, me mènera à une étude du déni en relation avec les caractères internes ou externes de l'objet. Le fétiche me conduit, dans cette perspective, à l'étude du faux objet, et de sa place vis-à-vis d'un Moi dont l'aspect clivé, intrinsèque au niveau primitif de sa constitution, est coexistant à son aspect complexe, faisant en sorte que « dans une même période », il puisse organiser un déni d'un côté, un refoulement de l'autre. La connaissance enfin de ce qui est dénié, et par définition