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Je vois quelque motif de penser que le réel pouvoir de la négation, comme différenciateur de l'identité première et organisateur de la psyché à l'aide des oppositions internes du discours, procècie d'une part cachée et indomptée de la dynamique pulsionnelle dont elle doit se résoudre à utiliser la violence irrationnelle, en renonçant à l'inclure et à l'épuiser totalement dans sa logique clarifiante, afin de préserver les chances d'un devenir créateur.
Il n'est pas question pour autant de minimiser l'importance de la fonction du non pour l'élaboration rationnelle de l'expérience primaire. Ni de proposer de remplacer les contraintes réalistes qui travaillent la pensée, pour maîtriser les élans de l'affect et les oscillations de l'ambivalence, par un primat donné inconditionnellement au quod libet du désir.
J'observe simplement que divers arguments cliniques, et la rigueur même de l'approche métapsychologique à laquelle nous a initiés Freud, pèsent dans le sens d'une révision des vues un peu plates — si rassurantes par ailleurs — auxquelles conduit parfois la lecture de l'article de 1925 sur la Verneinung. Vues qu'on pourrait résumer ainsi :
1 / Le processus de la négation donne, au prix d'une dépense minime d'énergie, un statut représentatif verbal et conscient excluant la décharge à une partie de nos représentations de choses inconscientes, en les marquant d'un signe d'extériorité à l'intérieur même de l'appareil psychique.
2 / Il autorise par là et accomplit la désexualisation de la pensée par l'articulation de la topique à un opérateur logique en processus secondaire, soumis au principe réaliste de non-contradiction ou
d'identité, et interdisant l'équivocité des jugements d'existence et d'attribution, en même temps que l'ambivalence qui en découle.
Cette assez merveilleuse machinerie mentale a cependant besoin d'une chiquenaude énergétique, d'un léger clinamen pulsionnel pour naître et fonctionner. Freud l'a concédé, le « quantum » énergétique nécessaire à la pensée,