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La contribution de Strachey à la psychanalyse peut être comparée à celle de Freud. Il a consacré les vingt dernières années de sa vie à traduire et à éditer la Standard Edition. Comme Freud (, 1905b), Strachey (1960a) a reconnu honnêtement que certains problèmes rendent impossible une vraie traduction. Il a décrit ces difficultés et la manière méticuleuse dont il en a tenu compte dans sa Préface générale (1966a). Strachey a unifié la richesse bariolée des livres et des articles de Freud en un ensemble cohérent enrichi d'innombrables notes et d'un index soigneusement pensé. Pour assurer l'unité de style et la cohérence de l'édition, dit Strachey, il a pris en main la totalité de la traduction. C'est le produit intégré d'une seule pensée et on peut le comparer à la version originale de Freud (A. Freud, 1969, ). Or nous sommes pour beaucoup les enfants de Strachey. Nous étudions et nous enseignons la version du « Roi James », sans nous poser la question troublante des différences entre les deux versions. Strachey était un élève qui s'effaçait tant devant son maître, que les mots et les phrases qu'il a employés, tout comme les termes qu'il a relevés dans son index sont souvent cités comme s'ils étaient de Freud. Il n'en est rien.
Strachey a laissé certaines choses de côté. C'est pourquoi de nombreux auteurs ont retraduit un mot ou une phrase à l'occasion. Ces mots ne figurent pas à l'index et sont donc perdus. Certains ont étudié le style de Freud (par exemple Laplanche et Pontalis, 1967 ; Schönau, 1968 ; Holt, 1973 ; Musch, 1975 ; Mahony, 1982) et, du point de vue de la forme, la traduction de Strachey (par exemple Brandt, 1961 ; Brull, 1975 ; ). Cependant cette littérature est éparpillée en plusieurs langues et on n'en a pas fait une étude d'ensemble. Autant que je sache, la stratégie et le style propres à Strachey n'ont pas été examinés.
Comme il n'était jamais satisfait, Freud a très bien décrit ses propres concepts. En changeant constamment ses mots, il a enrichi et