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Grâce aux recherches de B. Nitzschke, psychologue et auteur, entre autres, de travaux sur Freud et Schopenhauer, la discussion sur l'origine du terme « das Es » est relancée1.
Comme chacun sait, Freud a emprunté ce terme à Groddeck en précisant dans une note de son Le Moi et le Ça, que « Groddeck lui-même a probablement suivi l'exemple de Nietzsche chez qui cette expression grammaticale est tout à fait courante pour désigner ce qui, dans notre être, est impersonnel et, pour ainsi dire, soumis à la nécessité de la nature ». Il s'agit donc bel et bien du terme lexical « das Es » que Freud prétendait être courant chez Nietzsche et non d'un terme de sens analogue. Cette note figure dans Le Moi et le Ça bien que Freud, à sa demande suggestive à Groddeck — Noël 1922 : « Je pense que vous avez pris le ça de Nietzsche textuellement et non associativement. Puis-je aussi le dire ainsi dans mon écrit ? » —, n'ait pas obtenu de réponse2.
D'après Nitzschke ce n'est qu'en 19293 que Groddeck explique à son correspondant qu'il a choisi le terme « das Es » par référence à Nietzsche et pour des raisons de commodité ». Groddeck ne donne aucune citation comme référence et l'on pourrait croire qu'il copie l'affirmation de Freud. Mais on ne doit pas oublier que le père et surtout la famille maternelle de Groddeck ont bien connu Nietzsche de son vivant. Groddeck lui-même s'est rendu sur la tombe de Nietzsche en présence de Mme Förster-Nietzsche4. D'ailleurs on imagine mal un Groddeck qui ne se serait pas enthousiasmé pour l'œuvre de Nietzsche. Dans sa deuxième conférence à la « Lessinghochschule » à Berlin, en 1926, il critique la psychologie du moi d'Adler en remarquant que Nietzsche avait remplacé l'expression le moi (das Ich), bonne à rien, par le mot indéfini mais utile le ça (das Es). Mais Groddeck ne donne toujours pas de référence5.
Roger Lewinter, dans ses préfaces érudites à ses traductions des œuvres de Groddeck, nous trace un autre cheminement qui laisse de côté Nietzsche pour sou