You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
On ne travaille pas longtemps sur certains sujets sans finir par ne plus savoir au juste ce que l'on sait…
Dans ce que je crois, comme psychanalyste, sur les psychoses, et dans ce que je ne crois pas, ou ne crois plus ; dans mes réflexions du moment, dont certaines font évidemment suite à celles de naguère, j'extrais et rassemble quelques fragments et quelques notes, qui cherchent bien moins à conclure qu'à synthétiser un long labeur.
Une souffrance psychique poignante; secrète; des jouissances détournées : rien d'antinomique, à première vue, comme une psychose et une perversion. Les rapports sont pourtant étroits qui les unissent en profondeur comme dans le relief des évolutions cliniques.
On connaît ces résistances que l'esprit soulève à l'approche de certaines notions neuves même parmi les plus évidentes. Ainsi, les chemins qui vont de psychose en perversion ont-ils été difficiles à reconnaître et malaisés à concevoir. Il m'arrive, quand on les cite, de retrouver autour de moi cette sorte d'hésitation que je me souviens d'avoir moi-même éprouvée lorsque je commençai de parler de cette notion, comme (en ) à propos de la paranoïa, ou plus tard à propos des schizophrénies. Encore n'avais-je pas été seul à y penser.
Et pourtant Freud avait, là aussi, montré la voie : en 1938 comme en 1927, à propos du déni et du clivage, ou du fétiche et de la psychose. A-t-on su tirer toute la substance et tout l'enseignement contenus en germes dans ces réflexions, parmi les dernières que Freud ait formulées ? Je n'en suis pas certain.