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Je voudrais ici, dans un premier temps, jeter sur le papier et partager avec les lecteurs des réflexions qui se réfèrent à l'importance de la phobie du fonctionnement mental chez des patients présentant diverses formes d'organisations psychotiques. Réflexions qui s'imposent à moi — au fur et à mesure que s'enrichit mon expérience clinique en la matière.
Je me réserve de développer dans un autre travail plus approfondi et plus complet, dont les limites dépasseraient largement en volume le cadre d'un article dans une revue, une clinique spécifique des avatars de cette phobie dans les diverses organisations psychotiques délirantes ou « non délirantes ». Ici, je ne ferai donc qu'une sorte de brouillon qui consiste à énoncer les lignes principales de la problématique ouverte par l'intérêt porté à cette phobie particulière, et ceci dans des directions diverses.
Il convient avant tout, sans qu'il soit nécessaire de s'y appesantir, de donner une définition de ce que j'entends par « phobie du fonctionnement mental ». Il s'agit, me semble-t-il, d'une modalité spécifique d'angoisse suscitée chez le sujet par sa production psychique propre, qui, tout en étant bien entendu en relation avec sa phobie de l'objet, ne saurait y être totalement réduite ni confondue avec elle. Cette angoisse peut être quasi explicite et consciente chez certains, et d'ailleurs un peu chez tout un chacun : « J'ai peur de penser ce que je pense »1, ou