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Le rôle des instances, Surmoi et Idéal du Moi dans la mélancolie et plus généralement dans les organisations dépressives non névrotiques, paraît d'autant plus important à préciser que Freud ne s'est pas réellement prononcé. Il s'agit en effet de deux notions dont il n'a pas dialectisé l'influence puisqu'elles correspondent à deux topiques différentes. Freud posait déjà la question en 19151 :
« D'emblée, une incertitude nous arrête. Nous ne nous sommes guère souciés jusqu'ici du point de vue topique dans la mélancolie, et nous n'avons pas posé la question de savoir dans et entre quels systèmes psychiques se produit le travail de la mélancolie. Quelle partie des processus psychiques de cette affection se joue encore sur les investissements d'objets inconscients laissés vacants, et quelle partie sur leur substitut par identification dans le moi. »
Nous tenterons donc de poursuivre cette réflexion et de situer le rôle respectif du Surmoi et de l'Idéal dans la mélancolie malgré le caractère schématique et sans doute parfois réifiant de distinctions qui ne prétendent qu'à proposer un modèle analogique. On sait que l'Idéal est l'héritier du narcissisme primaire. Le Surmoi, lui, appartient à la deuxième topique où il sera décrit, en 1923, comme héritier du complexe d'Œdipe, résidu de l'identification au parent avec lequel l'enfant rivalise. Il englobe alors l'Idéal du Moi qui, dans les névroses, n'en est plus que l'expression.
« Le Surmoi d'un sujet, au cours de son évolution, se modèle aussi