You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le traitement psychiatrique non psychanalytique est aujourd'hui le mode d'approche le plus habituel des psychoses. Cependant une cure psychanalytique peut être valablement conduite dans un nombre très réduit de cas et principalement chez des schizophrènes jeunes.
Nous entendrons par cure psychanalytique non pas une psychothérapie inspirée par la psychanalyse, ni une simple variante d'une cure type qui ne se définirait que par des variations codifiées et relatives aux normes de l'analyse des névroses ou des états-limites.
L'analyse d'un schizophrène a pour but, même si ce n'est qu'au terme de nombreuses années :
— une prise de conscience de l'histoire personnelle et la structuration progressive d'une personnalité au départ morcelée
— un accès à une identité sexuelle et à une vie affective
— une liberté relationnelle authentique et une autonomie sociale
— la suppression de toute séance d'analyse et de tout recours au psychiatre.
Quant aux exigences diagnostiques, nous ne parlerons en fait, sauf à préciser explicitement le contraire, que de schizophrènes dont le diagnostic a été porté non seulement par nous mais par nos collègues psychiatres et confirmé par un examen psychométrique (avant tout test MMPI et test de Rorschach). Nous en excluons les schizophrénies dites aiguës. Ainsi deux patients, qui nous avaient été adressés avec le diagnostic de schizophrénie, souffraient en fait de décompensation psychotique d'apparence tout à fait schizophrénique. Mais le retour en quelques mois à un équilibre valable et durable, avec disparition de tous les signes, autorisait tout au plus à reconnaître l'influence favorable