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Cinquante ans après sa publication, le texte de S. Freud (1937), Die endliche und die unendliche Analyse, conserve une richesse d'idées incomparable et présente une actualité surprenante. Chacune de mes relectures m'a permis d'y découvrir des notions qui éclairaient ma pratique psychanalytique ou qui anticipaient des développements théoriques apportés ensuite par d'autres analystes.
Freud pose plusieurs questions.
La première question : « Comment peut-on abréger la durée longue et pénible d'un traitement analytique ? », fait l'objet de la section I. Freud discute du bien-fondé de fixer un terme au traitement, par exemple un an à l'avance. Il critique explicitement l'attitude de Rank visant à liquider le traumatisme de la naissance et la fixation originaire à la mère. Il vise implicitement les techniques actives de Ferenczi. J'apporterai un exemple qui précisera l'effet paradoxal de ces techniques.
Le problème central du texte est exposé dans la section II sous des reformulations successives : une analyse peut-elle atteindre sa fin (au double sens du terme et du but) ? Quelle est la fin « naturelle » de l'analyse (guérir les symptômes, surmonter les angoisses, les inhibitions, rendre conscient l'inconscient) ? « Quels obstacles se trouvent sur le chemin de la guérison analytique ? » Cette dernière formulation du problème central amène Freud à le subdiviser en trois questions, finalement ramenées aux deux que voici :
Qu'est-ce que résoudre un conflit pulsionnel ? C'est la deuxième question du texte et elle se trouve abordée toujours dans la section II. La réponse de Freud : amener la double maîtrise du Moi sur les pulsions et sur les traumatismes, comporte un aspect positif : la prépondérance d'une étiologie traumatique procure une meilleure chance de succès du traitement analytique, car elle permet mieux de « substituer, grâce au renforcement du Moi, une résolution correcte à la décision inadéquate r