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Nous publions ci-dessous le texte de l'intervention du Dr Pierre Bourdier au Congrès des Psychanalystes de langue française, Paris, 1985, texte qui n'avait pu paraître dans le numéro de la Revue consacré à ce Congrès (n° 1, 1986).
« Heureusement les pulsions agressives ne sont jamais isolées, mais toujours alliées aux pulsions erotiques, et c'est à ces dernières qu'il incombe, dans la civilisation créée par les hommes, le rôle de modératrices et de protectrices » (S. Freud, Nouvelles Conférences sur la psychanalyse, Gallimard, 9e éd., p. 152).
Un congrès de psychanalyse est l'occasion d'exégèses personnelles de l'œuvre de Sigmund Freud. Le travail des rapporteurs a été considérable, mais plus il est étendu, plus les intervenants trouvent à redire. C'est la règle du jeu. Pour ma part j'ai trouvé que cette somme ne rendait pas tout à fait compte de l'ensemble des systèmes défensifs décrits par Freud en quarante-cinq ans et qu'elle ne montrait pas assez « comment ça marchait ».
Je reprendrai ici, à peine modifiées, les notes de mon intervention du dernier jour du Congrès, en me souvenant de ce que j'avais moi-même tenté de faire, avec une ambition plus modeste, dans mon texte sur le pessimisme freudien en 1969-1970.
Je pense depuis longtemps que la question la plus féconde que pose Freud, dans une forme dialectique qui lui est propre, est celle de la satisfaction et du renoncement. Elle prend la forme d'une double conviction, antagoniste et sans synthèse, que d'une part le renoncement est nécessaire, salutaire et d'ailleurs inéluctable, et d'autre part qu'il n'y a pas d'exemple observable que l'homme renonce à une satisfaction éprouvée, sans préciser ici s'il s'agit de renoncer à jouir, de renoncer à répéter ou de renoncer à défier ce qui s'oppose à la satisfaction, car chacun a ses plaisirs, et par exemple ceux de la perversion ne sont pas ceux de la perversité. Nous y reviendrons.
Dans le cadre d'une relecture des œuvres de Freud j'ai entrepris personnellement une recherc