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C'est en psychosomaticien, psychanalyste comme il se doit, que C. Dejours dans un livre dense et une langue claire, nous propose ses réflexions très personnelles et fort élaborées sur les rapports entre corps biologique tel que le conçoivent les théories scientifiques modernes et le corps erotique de la psychanalyse.
Dans un premier abord l'angoisse, la mémoire et le rêve nous sont présentés dans une double perspective : ce qu'en disent les biologistes selon des hypothèses multiples et variées, ce qu'en disent les psychanalystes, avec le grand mérite de ne point privilégier de dimension finaliste, l'auteur se gardant, avec bien du mal parfois, d'entraîner la métapsychologie sur un terrain qui n'est pas le sien.
Dans une deuxième partie, C. Dejours ne craint pas d'innover et, courageusement, même si sa topique nous semble quelque peu rigidifiée en « géopolitique », comme dirait Freud, il nous propose sa propre théorie du clivage qu'il centre autour de l'instinct de mort dans une perspective si éclairante selon lui qu'il en thématise les modalités autour de ce qu'il appelle la troisième topique. Sont alors envisagées les topiques du passage à l'acte, de la psychose, de la « caractérose » et des somatisations.
L'angoisse d'abord, subjective, difficilement mesurable, elle semble devoir sortir du vocabulaire biologique pour faire place au concept d'émotion avec ses manifestations viscérales, endocriniennes et métaboliques auxquelles s'ajoute parfois un comportement moteur tel que la fuite ou l'agression. L'émotivité, à différencier de l'émotion, indique un mode particulier de réaction face aux situations extérieures et aux excitations. Les biologistes cependant conservent le terme d'angoisse qu'ils réservent au somatique, celui d'anxiété au psychique. Quant à la notion de stress, si elle semble s'accorder aux impératifs actuels de la mesure directe, c'est tout de même au détriment de la différenciation des situations, mais dès que l'on s'éloigne des situations extrêmes des