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Pourquoi le travail de mélancolie ? En premier lieu parce que Freud en a parlé et qu'il nous semble que c'est un concept relativement oublié, en tout cas peu utilisé, et qui, à notre sens, peut avoir une importance autant clinique que théorique. Disons quelques mots sur les domaines dans lesquels ce concept peut avoir son utilité.
Tout d'abord la mélancolie. Le concept bien connu de travail de deuil n'est pas suffisant pour rendre compte du travail psychique du mélancolique, même si on ajoute des adjectifs comme (deuil) bloqué ou (deuil) pathologique. Nous nous attacherons, comme l'a d'ailleurs fait Freud, à comparer constamment le travail de deuil et celui de mélancolie en essayant de montrer leurs relations, les ressemblances, les différences, etc. Le travail de mélancolie peut aussi nous aider à comprendre, ou à mieux comprendre, la notion centrale de travail psychique (en général), une notion impliquée dans toute notre clinique. Ainsi, si nous arrivons, à partir de la comparaison entre travail de deuil et travail de mélancolie, à avancer dans la compréhension des différences entre différents types de travail psychique, nous pourrions peut-être apporter une contribution à une nosographie spécifiquement psychanalytique qui, elle, nous semble devoir, en premier lieu, s'intéresser aux capacités de travail élaboratif du patient qui ne sont bien entendu pas les mêmes selon les cas et selon les différentes formes de psychopathologie.