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Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce,
Tu n'es jamais la Sœur de charité, jamais, …
Aveugle irréveillée aux immenses prunelles,
Tout notre embrassement n'est qu'une question :
C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles…
Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances,
Et les brutalités souffertes autrefois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillance.
Le désespoir de cet homme venu me demander secours n'avait d'égal que la situation désespérée dans laquelle il se sentait piégé. Marié par la contrainte d'une grossesse et de son propre Surmoi, il lui fallait assumer la paternité d'une fille qui le rivait dans la haine à sa compagne : celle-ci, par ses mensonges concernant ses périodes de fécondité, n'avait trouvé que ce moyen pour le lier à elle, même si elle s'avérait par là même, en toute méconnaissance réciproque, l'instrument de son propre masochisme à lui. Mais le motif essentiel de sa démarche était ailleurs : il se trouvait envahi d'irrépressibles sentiments de haine à l'égard de sa fille, obstacle absolu à tout ce à quoi il avait aspiré, en dépit de la panoplie des contre-investissements qu'il avait érigés, dont l'hypersollicitude et l'hypergentillesse à son égard n'étaient pas les moindres.
Vingt-cinq années plus tard, Iphigénie dont j'apprends qu'elle est sa fille, se présente à moi à son tour pour ce qui, à une première lecture, apparaît comme une névrose obsessionnelle gravissime. L'un de ses principaux symptômes est la hantise de la mort de son père, à qui elle téléphone des dizaines de fois chaque jour pour bien s'assurer qu'il