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« Donne ce qui est en ton pouvoir et laisse-moi imaginer le reste. »
On entend souvent dire aujourd'hui que la psychiatrie se meurt, du moins celle qu'a travaillée, ces vingt ou trente dernières années, le levain de la découverte freudienne. L'avenir ne serait plus qu'aux neurosciences d'une part — réservées à des hôpitaux prestigieux, hautement équipés — et d'autre part à la gestion désespérante des handicaps et de la chronicité par un service d'assistance sans perspectives thérapeutiques. Faute d'avoir pu ou su construire sa théorie, la psychiatrie de secteur, au moment même où elle obtient enfin un statut légal et de nouveaux moyens, serait vouée à une prochaine disparition.
Cette morosité ne semble pas de mise. Tout montre au contraire qu'une théorie s'édifie, qu'une pratique s'affirme qui représentent une application originale des concepts et des théories de la psychanalyse aux institutions ayant la charge des cas les plus lourds.
Ce travail voudrait en donner quelques aperçus.
Comme Philippe Paumelle 1, j'emploierai ici le terme de « réalité » sans aucun a priori philosophique, supposant cette réalité, quotidienne, commune et connue.
Par psychotique, j'entendrai des patients au fonctionnement mental grossièrement distordu et que caractérisent leur déni de la réalité, leur recours plus ou moins constant à la projection, à l'identification