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Récemment, à la faveur d'une réunion de synthèse où l'on s'efforçait d'approfondir l'organisation pathologique du cas évoqué, un interne du service exprima sa déception de voir tant de discussions cliniques, où se dévoile la singularité de chaque malade, déboucher le plus souvent sur une banale et répétitive prescription de neuroleptiques, comme si la montagne pathologique accouchait d'une souris thérapeutique.
J'ai partagé ce point de vue, il y a longtemps. Il a même décidé, un moment, de mon engagement dans la psychiatrie infanto-juvénile où j'avais l'impression que le hiatus qui sépare la théorie et la pratique paraissait moins grand. Je ne partage plus maintenant ce point de vue dans la mesure où, revenu à une psychiatrie générale transformée par la pratique sectorielle, j'ai réalisé qu'une relation soignante avec un malade, notamment un schizophrène, c'est beaucoup plus qu'une simple prescription de médicaments. C'est également une prescription de relation psychothérapique, d'approche du milieu familial et professionnel, de mesures d'aide ou de sauvegarde des biens et des intérêts, etc… Je dis bien prescription de telles mesures, non décidées au hasard des circonstances et des besoins mais relevant de l'évaluation clinique la plus fine. Bref, tout un ensemble d'actions thérapeutiques singulières, à l'image du malade et de sa subjectivité, suffisamment souples, pour se mouler sur la mouvance de sa pathologie, enfin suffisamment cohérentes, pour ordonner la diversité des modes et des lieux d'intervention.
Le cadre thérapeutique devient ainsi une sorte de contenant, ouvert et structurant, offert au contenu psychique du malade, mais