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« Y a-t-il des goûts qui soient placéssur les limites de la folie? »
Balzac, Illusions perdues.
L'étude ici publiée porte donc sur l'éthique et l'esthétique de la perversion. Elle est issue d'un travail antérieur de la thèse de l'auteur sur la « perversion ». C'est donc en quelque sorte une condensatino.
La sphère de la perversion (perversions sexuelles et perversités conjuguées) produit — et ne crée pas — un monde, un néo-monde, ou plus exactement opère une transmutation du monde, détrônant la création du dieu-père de la grande pensée monothéistique, juive, musulmane et chrétienne.
L'auteur insiste particulièrement sur ce qu'il a été convenu d'appeler l'Ancien Testament.
C'est une des vues les plus cohérentes, les plus sûres, les plus affirmées que la psychanalyse ait engendrée, à la fois reprenant les descriptions de Freud et les exhaussant par des critiques pertinentes, et à la fois proposant un cadre de pensée que nous ne pourrons plus négliger ou oublier pour parler de la perversion.
Je voudrais insister sur plusieurs points préalables — brièvement :
1 / La notion de création, dans notre monde occidental, est liée à l'histoire de la pensée juive, celle de la révélation de Dieu, avec ou sans théophanie, mais essentiellement au-delà du Logos. Pour les juifs, le Logos ne crée pas le monde, il n'en est que l'esprit.
A la création-révélation, s'adjoint la rédemption. Il ne faut pas croire que Freud et la psychanalyse échappent à cette trilogie « juive » ; faut-il rappeler l'angoisse de Freud devant le judaïsme, son geste iconoclaste contre le monothéisme juif en faisant de Moïse un Egyptien ? Faut-il rappeler l'idée profane de la révélation, dans la notion mëme d'hallucination, où l'objet humain n'est que l'objet en « simulacre » (sic Freud), c'est-à-dire la mise en place de l'idolâtrie par la volonté perverse de retrouver, de toutes manières et quelles qu'en soient les modes, cet objet inexhaustible (M. Klein) ? L'auteur elle-mëme montre bien la stratégie perverse du simul