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(Communication à la Société psychanalytique de Paris, 10 janvier 1926.)
L'interprétation systématique des rêves, telle qu'elle est pratiquée dans la psychanalyse, montre que les dents reviennent avec une fréquence assez considérable et qu'elles constituent un symbole important pour traduire des éléments psychologiques insconcients. Il en est de même dans le langage : la représentation des dents s'est superposée à toutes sortes de formes, telles que scie, peigne, râteau, roue, et en général à tout ce qui est découpé de façon semblable : dentelle, dentelure. Elle a inspiré le nom de certaines montagnes : Dent du Midi, Dent du Chat, etc. Enfin, le symbolisme dentaire donne un grand nombre de locutions pour exprimer en général l'agressivité (à belles dents, avoir la dent longue, armé jusqu'aux dents, être sur les dents, donner un coup de dent), la rivalité, la rancune (avoir une dent contre quelqu'un), l'attaque (anglais : in ones teeth), la convoitise, la gourmandise (anglais : toothsome, friand).
Il n'est pas étonnant que l'homme pense volontiers aux dents si l'on considère l'importance qu'elles tiennent dans sa vie. En général l'apparition des premières dents s'échelonne entre le sixième et le trente-sixième mois de la vie, et correspond à la phase du sevrage; la chute de ces premières dents et l'apparition de la dentition définitive s'étend de cinq à quatorze ans et annonce la puberté. Entre vingt et trente ans se place l'apparition des dents de sagesse, puis en avançant vers la vieillesse, l'individu voit généralement tomber un nombre considérable de dents, signe de déchéance organique.
Au point de vue qui nous occupe, ce sont les impressions infantiles qui ont le plus d'importance.