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Mme X…, soignée pour frigidité, apporte, vers la fin du premier mois d'analyse, un rêve qu'elle raconte ainsi :
« J'avais entrepris un grand dessin pour représenter un pays de montagnes; c'était un fusain terne et laid. Mon mari avait repris mon dessin et en avait fait quelque chose de très bien. Je le montrais avec fierté à une dame que j'ai connue dans ce pays, disant qu'il était presque entièrement de moi et que mon mari n'en avait fait qu'une très petite partie. Lui était présent et se faisait complice de mon mensonge.
Ensuite, une ampoule électrique venait à manquer; l'obscurité se faisait. J'allais en chercher une autre et je m'engageais dans un long couloir. Je cherchais d'abord les w.-c. et j'y entrais, puis j'en ressortais pour entrer dans une salie de bains sombre et pas très propre. J'en sortais encore sans avoir trouvé d'ampoule. A ce moment, un gros homme horrible voulait m'embrasser; nous étions au pied d'un escalier. Je me réveillai avec angoisse. »
Le psychanalyste. — A quoi vous fait penser ce pays de montagnes?
La patiente. — J'y ai été il y a deux ans; j'y ai connu deux dames très gentilles et un homme avec qui j'ai flirté. C'était si agréable qu'au lieu d'y rester huit jours comme je devais, j'y suis restée bien plus longtemps. Là était aussi mon oncle, avec une femme que je détestais. J'ai réussi, avec une crise de nerfs à moitié volontaire et l'influence d'un médecin, à la faire partir avant moi.
Le psychanalyste. — C'était donc un endroit agréable, plein de souvenirs amicaux et sentimentaux, et où vous avez eu une victoire sur votre rivale?