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Mesdames et Messieurs,
Vous savez que nous appelons règle fondamentale du traitement psychanalytique la directive que nous donnons à nos malades de nous dire pendant les séances tout ce qui leur passe par la tête et de ne rien nous dissimuler de leurs pensées quelles qu'elles soient.
Cette règle du traitement nous est nécessaire pour bien pénétrer les préoccupations conscientes et inconscientes du sujet.
Notre tâche consistera aujourd'hui à vous exposer les cas où l'application stricte de la règle risque d'être inopportune. Pour conclure, nous essayerons de définir la ligne de conduite que nous impose notre expérience actuelle sur l'application de cette règle en général.
Vous reconnaîtrez sans doute que l'emploi de toute règle de traitement nécessite une souplesse intelligente du thérapeute s'il ne veut pas aboutir exactement au contraire de ce qu'il recherche. Toute règle peut être tournée en dérision. Lorsqu'un malade applique la règle fondamentale et qu'il nous dit tout ce qui lui passe par la tête, il fait naturellement un certain choix entre ses pensées. Il se contente de ne rien taire intentionnellement, mais il lui arrive, malgré lui, et sans parti pris, de ne pas tout dire. C'est parfois longtemps après qu'il s'aperçoit qu'il a omis d'exprimer une pensée qu'il s'était proposé de nous confier, ou à laquelle il n'avait plus songé. Ceci n'a pas d'importance et nous permet même de nous rendre compte des résistances que certaines associations d'idées peuvent déterminer chez le malade.
En s'appliquant à dire trop systématiquement tout ce qu'il pense,