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L'investigation analytique a toujours eu pour but de ne pas laisser inexpliqué le facteur mystérieux et incompréhensible de l'influence personnelle du médecin sur le malade, c'est-à-dire qu'elle s'est toujours astreinte à faire de l'action psychothérapique une méthode, un procédé précis et scientifique. Et la découverte du facteur transfert dans la psychanalyse fut certainement, dans cette voie, l'événement fondamental et décisif. Or, tous les récents travaux sur la technique analytique mettent en valeur le grand rôle qu'y joue le tact psychologique2, et Ferenczi a récemment publié un beau travail consacré uniquement à ce sujet3. Je me suis demandé si on ne pouvait pas essayer de décrire et de définir d'une manière plus précise quelques-unes des manifestations du tact au cours du traitement. Je vais essayer d'exposer quelques observations et réflexions tirées de mon expérience. Quand vous me verrez peut-être traiter des questions déjà connues des psychanalystes, je vous prie de ne pas m'en tenir rigueur, car je crois qu'on ne peut guère l'éviter quand on fait une étude des problèmes de la technique psychanalytique.
Il y a de cela plusieurs années, à l'Institut psychanalytique de Berlin, j'avais à m'occuper d'un homme d'une quarantaine d'années qui me donna quelques bonnes leçons de technique. Je vous épargnerai la description clinique détaillée de ce cas de délire de persécution et d'érotomanie du type sensitiver Beziehungswahn de Kretschmer, et ne vous citerai qu'un petit événement qui s'est passé au cours de son analyse. Les premiers deux