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N'ayant pu me rendre à Paris, je n'ai pas participé à la discussion des intéressants rapports qui ont été présentés à la Conférence du mois de juin. Qu'il me soit permis cependant d'ajouter un mot à l'une des remarques du travail si consciencieux de MM. Hesnard et Laforgue.
Ces auteurs, faisant allusion à un mémoire précédent du docteur Odier, remarquent que le sur-moi poursuit des buts très divers, et qu'il y aurait un avantage pratique à distinguer à côté du sur-moi un anti-moi ou pré-sur-moi pour lequel le docteur Odier avait proposé, en son temps, le terme de sur-ça.
Hesnard et Laforgue écrivent : « Ainsi, un malade conçoit comme idéal la possibilité de conquérir des femmes supérieures, de faire acte de triomphante virilité, mais, avec ces femmes (idéalisation de la mère), il est simplement impuissant, tandis que sa sexualité grossière l'incite à la culture de phantasmes, de flagellation ou d'actes homosexuels passifs au sujet desquels il se montre d'un érotisme puissant, mais à ses yeux coupable. » On est obligé d'interpréter ces cas en disant que le sur-moi, instance supérieure, condamne consciemment masochisme et pédérastie, tandis que l'anti-moi, spécialement attaché au refoulement de l'inceste, condamne inconsciemment des actes en apparence normaux (en réalité inconsciemment incestueux).
Nous voudrions faire remarquer que la terminologie qu'emploient ici Laforgue et Hesnard est en contradiction avec celle usitée ordinairement en psychanalyse et que des malentendus pourraient en découler. Dans le passage précité, les auteurs appellent sur-moi une instance qui condamne consciemment; or, en psychanalyse, le sur-moi appartient à l'inconscient, à rencontre du moi idéal qui demeure conscient.