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« Les personnes religieuses vivent d'une ombre. Nous vivons de l'ombre d'une ombre. De quoi vivra-t-on après nous ? »
Rien dans toute notre étude ne justifiant du point de vue psychanalytique les demandes du public (description réaliste) ni son opposition à l'art moderne, l'artiste se trouve exonéré de tout sens de culpabilité, et le public seul responsable pour son incompréhension. Dans quelle direction se trouve la solution du conflit? On ne peut s'empêcher de penser que la vraie responsabilité en incombe aux seules résistances inconscientes du public, et que celles-ci doivent être les mêmes que celles que rencontre la psychanalyse, parce que l'art moderne touche aux mêmes impulsions refoulées. Le bourgeois d'une part craint le désordre qui, en dérangeant son confort physique ou ses cadres intellectuels, menace son moi de destruction, et d'autre part ne pardonne pas à ce qui le fait risquer de rencontrer ses propres pulsions. L'inconscience enfantine de quelques peintres et sculpteurs, leur surestimation fréquente des zones erotiques (seins, fesses), la joie qu'us prennent à toutes les déformations (y compris celle de la perspective), leur réversion aux couleurs boueuses, ou au barbouillage violent; le caractère auto-érotique de la danse et de la musique (rythmes syncopés); le retour du cinéma à la communication préverbale, à un langage mimé qui souvent exclut même l'expression faciale (Ch. Chaplin, comme dit Spencer de l'enfant, « rit avec tout son corps »), tout ceci enrage le civilisé réprimé et critique, qui ne peut supporter cette liberté donnée aux pulsions ou aux fictions de l'inconscient. Enfin ces résistances et ces répressions elles-mêmes sont dues à une instance refoulante que l'analyse a démasquée : le surmoi. Et le contenu de ce surmoi, au nom de quoi il interprète la réalité et refoule le