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Dans deux travaux antérieurs, l'un sur l'érotisation de l'angoisse1, l'autre sur l'érotisation des relations sociales de l'homme2, nous avons essayé de faire comprendre le développement social par l'organisation de la libido de l'homme, et nous avons développé l'idée que les mêmes lois semblaient régir l'évolution du moi, celui de l'orgasme et celui de la civilisation.
Au moyen d'exemples, nous avons essayé de montrer comment est inhibée l'évolution du moi dans le psychisme primitif — qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un primitif — et comment, chez ces deux êtres, la libido non saturée s'assouvit principalement par des activités douloureuses ou provoquant la peur, et ceci aux dépens du développement du moi et des composantes sexuelles génitales de la libido.
Nous référant aux travaux de Lévy-Bruhl sur l'âme primitive, nous avons tenté de saisir le rôle des organisations sociales et religieuses du primitif dans l'assouvissement de sa libido par le moyen de la souffrance et de l'angoisse. A la fin de ce travail nous nous sommes demandé quelles conditions psychiques permettraient à la libido collective du primitif de se détacher de ses organisations sociales érotisées, et l'amèneraient à des formes d'organisation plus différenciées, ou — pour mieux s'exprimer — plus adultes.
Dans le présent travail, nous voulons examiner avant tout le rôle joué par le capital au cours de ce développement, car il est vraisemblable qu'une grande partie des procès émotionnels, qui peuvent favoriser ce