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Le courant des idées de la psychanalyse, son usage de la symbolique, ses méthodes d'explication, peut-être même parfois les faits de certains tableaux cliniques, sont entrés depuis quelques années, sous une forme plus ou moins fidèle, dans la littérature moderne; oui, et nous dirons que dans ces derniers temps on ne pouvait guère lire un livre anglais ou français (l'Allemagne est plus conservatrice) qui ne touchât en quelque manière à ce thème ou tout au moins n'en fît mention.
C'est avec des sentiments mélangés que nous considérons cette évolution. Si d'une part il nous est agréable de voir nos connaissances se frayer peu à peu un passage dans la formidable résistance qui jusqu'à présent faisait barrière, d'autre part il est bien clair pour nous que dans la plupart des cas cette réconciliation avec la psychanalyse, voire même sa reconnaissance, ne sont que choses superficielles, affaire de mode, et pour nous recouvrent une forme nouvelle, plus subtile, plus secrète, de résistance.
C'est donc avec une certaine méfiance que nous nous approchons des ouvrages qui prétendent être influencés par la psychanalyse. Mais l'ouvrage dont nous allons nous occuper diffère entièrement des productions littéraires de ce genre. L'auteur, Pierre-Jean Jouve, est poète et non psychanalyste; il donne à son ouvrage le titre de Vagadu1, et il explique ce titre par une phrase extraite de l'épopée africaine qui porte ce même nom (faisant partie du folklore du Sahel) : Wagadu est la force qui vit dans le cœur des hommes. Le livre dépeint l'état d'âme d'une femme au cours d'un traitement psychanalytique et le mouvement de ce traitement même. Voilà précisément en quoi cet ouvrage s'écarte de tous les autres : il a