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M. Béguin, à qui nous devons déjà une traduction du célèbre essai de Jean Paul sur les rêves, a le mérite d'être un des premiers auteurs de langue française qui vienne nous révéler les trésors d'observations psychologiques que recèlent les romantiques allemands. En attendant qu'un de nos confrères nous donne une vue d'ensemble sur la psychiatrie au temps du romantisme, nous devons une grande reconnaissance à M. Béguin de soulever un coin de ce voile.
L'auteur de l'ouvrage que nous analysons ne se place pas au point de vue de l'analyse, mais au point de vue du littérateur, amoureux de nos états de rêvasserie. Il porte même, de son point de vue, un jugement fort sévère à l'endroit de notre science. « Il y a dans toute cette science moderne, écrit-il, une telle méconnaissance de la qualité de nos aventures intérieures, un tel oubli de nos appartenances, ou si l'on veut de l'ignorance où nous demeurons de nos véritables appartenances, qu'on est à se demander si quelques réussites médicales compensent tant de méfaits spirituels. »