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Michèle Perron-Borelli a développé dans sa présentation certaines des implications théoriques et cliniques possibles de la notion de « matrice originelle du fantasme ». J'aimerais souligner maintenant un aspect essentiel, me semble-t-il, de ce qui se joue lors de la mise en place de cette forme matricielle, et qui marquera dès lors, pour toujours, les relations du fantasme et de l'action : à savoir la dialectique de la présence et de l'absence, la dialectique du manque. Au plan théorique, il y a certes beaucoup à dire, et beaucoup a été dit sur ce thème. Mais j'aimerais ici, plus modestement, en traiter quelques aspects au plan des processus de la cure; et ceci dans deux directions : j'évoquerai d'abord les interactions dans la cure, puis sa temporalité.
Je voudrais d'abord marquer la continuité qui, à cet égard, s'est établie pour moi avec le précédent Congrès, sur le thème du refoulement. Je me sens personnellement d'accord, pour l'essentiel, avec les propositions d'Andrée Bauduin quant au rôle central qu'elle assigne au refoulement dans le fonctionnement du Préconscient. Ce n'est pas un hasard, puisque nous avions tous deux participé à la préparation du rapport de l'an dernier, au sein du groupe de travail animé par Claude Le Guen. Il n'est pas surprenant non plus que je me retrouve d'accord avec Claude Le Guen lui-même lorsqu'il souligne le rôle fondateur de la problématique du manque dans les processus de symbolisation, et lorsqu'il met l'accent sur la remise en jeu de cette problématique dans la cure. Si la relation analytique est fondamentalement asymétrique, c'est bien parce qu'au désir dirigé vers l'objet, l'objet tel qu'il s'incarne en l'analyste (ce qu'on appelle, d'un terme contestable, l' « objet réel ») ne répond pas ; ou plus exactement parce qu'il répond autrement que ne le fantasmait le désir, étant admis que la non-réponse peut être aussi une réponse. Nous savons à quel point la non-réponse peut être difficile à supporter par certains patients à cer