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Fantasme et action, fantasme ou action? Cette question pourrait résumer les deux figures selon lesquelles s'articulent dans la pensée psychanalytique ces deux notions. Car choisira-t-on de privilégier leur relation d'opposition et d'exclusion — le fantasme remplace l'action, l'action annule le fantasme — ou leur relation d'homologie et de complémentarité — l'action prolonge le fantasme, le fantasme est déjà action…?
C'est certainement l'opposition du fantasme et de l'action qui nous est la plus familière, car elle s'inscrit d'emblée dans l'histoire même de la découverte freudienne. Il suffit à cet égard de se rappeler comment la notion de fantasme s'est dégagée d'une neurotica qui impliquait l'impact traumatique d'événements réels, c'est-à-dire d'actions séductrices subies par l'enfant; et comment cette notion est apparue fondatrice, en parallèle avec l'auto-analyse qui ouvrit à Freud — par la « voie royale » de l'interprétation des rêves — l'accès à ses propres fantasmes inconscients.
Le modèle princeps de l'appareil psychique proposé dans L'interprétation des rêves souligne bien que c'est l'inhibition de l'action motrice, créée par l'état de sommeil, qui permet le réinvestissement des traces mnésiques et l'efflorescence des désirs refoulés, après que ceux-ci ont été traduits en « pensées manifestes » par le travail du rêve. Rappelons à ce propos que le fantasme inconscient n'est jamais directement saisissable, et ne peut être qu'inféré en suivant la chaîne des associations et des transformations que révèle l'interprétation du rêve. Les rejetons conscients des fantasmes inconscients ne peuvent s'exprimer qu'après avoir subi une élaboration d'une extrême complexité dans le Préconscient. Ces remarques nous situent dans l'actualité de ce Congrès, à l'articulation des deux rapports qui y sont présentés.
Ajoutons que, dans le cadre de la cure, le fantasme inconscient nous est connu par la médiation de la parole. En termes métapsych