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La relation entre fantasme et action — Michèle et Roger Perron le rappellent opportunément — peut obéir à des économies différentes : coétayage chez l'un, elle sera par contre plutôt aménagée sur le mode de l'exclusion chez tel autre. L'un des paramètres de cette régulation tient sans doute à la qualité de ce que les rapporteurs appellent la « matrice originelle du fantasme » et aux déploiements ultérieurs de celle-ci.
Certains patients nous confrontent à des organisations psychiques dans lesquelles l'opposition fantasme/action paraît être « chauffée à blanc ». Ceux qui ont été le point de départ de notre réflexion se rencontrent le plus souvent dans les institutions psychiatriques; cependant il n'est pas impossible que s'engage avec quelques-uns d'entre eux, une aventure plus classiquement analytique, si leur pathologie et la qualité de leur fonctionnement mental le permettent.
La symptomatologie la plus préoccupante se manifeste par des conduites addictives et automutilatrices spectaculaires, qui peuvent mettre en péril l'autoconservation. Elle s'accompagne d'une position d'indépendance forcenée, d'une irritabilité générale au contact, en relation avec une sensibilité à « fleur de peau » et qui se traduit dans le corps par une tension musculaire permanente. De plus, le discours, sous le signe du factuel, de la pauvreté, voire de l'incapacité associative, révèle une altération fonctionnelle du préconscient. L'hyperactivité de ces patientes (dans notre expérience, il s'agit surtout de femmes) apparaît comme une lutte désespérée contre la destructivité en même temps qu'une ultime défense contre le non-investissement objectai dont elles souffrent.
L'une d'entre elles, par ses occupations stériles et répétitives, ses impatiences motrices, évoquait irrésistiblement l'écureuil tournant dans sa cage; le geste machinal et stéréotypé de se lisser les cheveux la menaçait de calvitie.
Page 659Une autre, jolie femme de 35 ans, à la farouche volonté de maîtrise, laissait entrevoir, malg