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Certaines notions utilisées en psychanalyse présentent une polysémie qui rend leur étude complexe et la notion d'acte est assurément l'une d'entre elles. Envisageons à titre exemplatif certaines de ces significations pour introduire notre propos.
Freud, dont la conception de l'agir a d'ailleurs suivi tout un développement au cours du temps (voir à ce sujet les articles de P. L. Assoun [3] et M. Haber [5]), a notamment envisagé l'agir selon une problématique économique. Il est dans ce cas la résultante d'un trop-plein d'excitations et signe la faillite du système intégratif opérant dans le registre de la mentalisation. On pense ici à l'acte constitué par une décharge motrice court-circuitant la représentation.
La clinique et la vie quotidienne révèlent par ailleurs des agir procédant d'un véritable langage dans la mesure où ils sont porteurs de sens, sens qui peut être déchiffré et verbalisé. Les actes manqués en sont un cas particulier.
Les pathologies du non-agir (ajournements obsessionnels, catatonie, etc.) soulèvent notamment la question du statut et du sens attribuables à l'acte, qu'on se place sur les plans topique, économique ou dynamique. Nous pensons aussi à l'acte qui, aboutissement d'une (longue) élaboration psychanalytique, permet à l'individu de prolonger de façon non conflictuelle, voire créative, les modifications de son psychisme dans sa réalité de vie : formation d'une relation objectale épanouissante, aménagement d'un milieu de vie syntone au Moi, conception d'un enfant, pratique d'une activité artistique, etc.
On peut se demander si une sorte de discrédit dont l'agir est entaché dans certains milieux analytiques ne procède pas notamment de la généralisation abusive d'une signification qu'il a parfois : celle de court-circuiter la mentalisation. Tout agir dans le temps de la cure serait alors envisagé