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Le remarquable travail de Michèle et Roger Perron pose le problème de l'action et du fantasme en une opposition laissant la place à une proposition paradoxale faisant apparaître certaines paroles dans la cure comme ayant valeur d'actes. Cette « tonalité » d'actes accompagnant certains fantasmes m'a paru renvoyer à des affects qui investiraient le discours à partir d'un corps immobile. Contrairement à l'opinion de détracteurs de l'analyse, partisans de techniques actives, le corps n'est pas absent dans la cure, au contraire, intensément présent du fait de la règle qui limite, autant que possible, les décharges. L'immobilité est au corps en séance ce que l'écoute silencieuse est à la parole. Une stase d'affects se produit qui peuvent irriguer les mots en leur donnant une qualité d'actes, s'agissant notamment de communiquer des émois corporels.
Est-il possible d'introduire la notion de qualité de l'affect? Doit-on se contenter de parler de variations quantitatives? Au-delà de certains seuils, ces variations ne modifient-elles pas la qualité? La notion de distance développée par Bouvet vient à l'esprit. Dans la formulation « tout à l'heure intérieurement, je vous ai traité de sale con », la distance par rapport au « sale con! » qui aurait été adressé comme un projectile apparaît à plusieurs niveaux : distance temporelle « tout à l'heure », distance « topique », « intérieurement », distance enfin par le caractère de récit liant le patient et son analyste qui n'est plus visé mais associé à un travail commun.
La règle prohibant l'acte en séance constitue une barrière qui fascine le patient en proie à la « phobie d'impulsion » dont parlent les auteurs du rapport. Cette barrière interdit et protège comme le montre B. Grunberger : le petit « Ædipe » se trouve mieux de buter sur un interdit que de constater son incapacité, son ridicule. La fascination s'exerce aussi dans le sens d'une sorte de « manie d'impulsion » par laquelle le patient fantasme un triomphe qui constituerait,