You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Le maître dont l'oracle est à Delphes ne dit ni ne cache rien, mais seulement signifie. »
Le temps de l'interprétation est peut-être le moment du travail psychanalytique qui manifeste le mieux la réalité et la fonction de l'organisation intrapsychique que Freud a nommée préconsciente. Car interpréter c'est signifier. C'est-à-dire, fondamentalement, faire surgir, précisément par effet de langage, un rapport entre une présence et une absence, entre la face visible et la face invisible des mots, mettant ainsi sous tension, par prestation ou inter-prestation de valeur entre conscience et inconscience, l'unité des opposés ou des contraires sans abroger leur différence.
Or, le préconscient a dans cette affaire le rôle d'un médiateur indispensable. Basculant tantôt du côté du manifeste, tantôt du côté du latent, il dit et ne dit pas, dit sans dire ou cache sans faire disparaître. Comme le rêve auquel il participe à titre essentiel, ainsi que Freud l'a vite compris, il est messager de la nuit auprès du jour et ambassadeur du jour au sein de la nuit.
C'est pourquoi on a avantage à mener l'examen de cette notion difficile de la théorie freudienne au plus près des problèmes posés par l'opération interprétative. Je voudrais le tenter ici.
Je distingue dans la pratique analytique trois types d'intervention à portée interprétative. Les appellations que je leur donnerai ici sont empruntées d'un vocabulaire que Freud a lui-même repris métaphoriquement de