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Je ne saurais trop dire ma large approbation du rapport que nous offrent Michèle Perron-Borelli et Roger Perron. C'est bien un cadeau qu'ils nous font, avec toutes les qualités que l'on peut souhaiter : il est bon et beau, conforme à ce que nous attendions d'eux. C'est là d'ailleurs une surprise, puisqu'on ne l'attendait pas, ou tout au moins pas si tôt. En effet, nous savons qu'à la suite de la défection de l'un des rapporteurs initialement prévus, ils eurent moins d'un an pour accepter la tâche, s'y préparer et la mener à bien. S'ils purent tenir la gageure, c'est bien parce qu'ils réfléchissent depuis longtemps au difficile problème de l'acte et du fantasme.
Cette réflexion, ils la conduisent d'une façon assez nouvelle, opérant une véritable réhabilitation de l'acte et, surtout, redialectisant ses rapports au fantasme. Que ceci les conduise à affiner les définitions, à préciser les caractéristiques de l'un et de l'autre est la condition nécessaire pour expliciter les rapports des deux; ils savent séparer pour organiser, et réunir pour faire vivre. Ainsi définissent-ils d'abord le fantasme comme « élément premier, basai, de la réalité psychique », puis ils le spécifient comme ne pouvant jamais s'actualiser « de façon simple et directe » en un acte, le circuit fût-il raccourci. Il m'apparaît que l'on peut en conclure que tout fantasme (comme toute production de l'inconscient) est un compromis dans la mesure où il participe du refoulement (au niveau du refoulé et des rejetons); donc, tout fantasme se signifie par le préconscient, fût-il fantasme inconscient.
Mais, avant d'en venir à la discussion proprement dite du rapport de Michèle et Roger Perron, je voudrais encore souligner un point de leur argumentation, tel du moins que je l'ai entendue et telle, je l'espère, qu'ils l'ont conçue. C'est avec beaucoup de pertinence qu'ils évoquent le double statut conféré au fantasme par Freud, lorsqu'il introduit le concept de « fantasmes originaires »; ceci ne fait que nous ren