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A Pierre Marty
Toute théorie nouvelle a besoin des termes des phraséologies nouvelles pour transférer les conceptions qu'elle apporte. La chance de ces « néologismes » est incertaine, dépendant de l'exactitude du mot qui est appelé à transférer la représentation ou l'affect qui jusqu'alors planaient à la recherche d'une forme lexicale1. Tous ces nouveaux termes ne sont pas néologiques, il s'agit de mots déjà existants qui, après une injection d'un nouveau sens (ou affect) en dépit de l'arbitraire du signe usuel (c'est-à-dire grâce à l'arbitraire alphabétique du signe), prennent une nouvelle connotation qui domine ou même parfois efface la dénotation première2. Exemple typique de ce genre — en psychanalyse — sont les mots : complexe, inconscient, moi, défenses, représentation, génital, régression, etc.
Le terme préconscient ne fait pas partie de cette dernière catégorie, d'où son absence dans le Petit Robert. Par contre le mot inconscient et ses synonymes y figurent largement. Ainsi, le Vorbewusste n'existe pas non plus dans le Petit Larousse allemand-français.
De ce fait, nous sommes obligés de considérer préconscient comme un « néologisme » purement freudien couvrant un espace notionnel proposé par l'inventeur de la psychanalyse. Ce mariage entre notion et mot fut parmi les plus heureux du genre3 topiquement et dynamiquement parlant, du fait que « Pré » : « élément » signifiant « devant, en avant »