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Pensée et action, nous rappellent Michèle et Roger Perron, sont l'une et l'autre des voies d'expression et d'actualisation du fantasme inconscient. La source du fantasme reste proche du couple psyché-soma qui définit la pulsion; l'élaboration de la pensée et de l'action s'opère au niveau du préconscient qui prend en charge, à travers les traces mnésiques, les motions issues de l'inconscient et leur permet l'accès à la conscience sous forme d'affect et de représentations.
L'afflux d'excitation au niveau de l'objet primaire peut déborder les capacités de maîtrise et d'élaboration psychique, provoquant ultérieurement, en face des conflits objectaux, le refoulement de l'affect et un blocage au niveau de la représentation devant tout mouvement de désir.
Le modèle absorption-expulsion articulé à la problématique anale est un point nodal dans le destin de l'éprouvé plaisir/déplaisir. Le non-éprouvé de l'affect lié au trop-éprouvé du corps condense des fantasmes qui ne peuvent être métabolisés.
La résolution du conflit peut passer, dans la cure par « l'acting in » transférentiel, comme nécessaire frayage à la représentation et à la levée du refoulement.
Pierre est un jeune homme de 23 ans qui poursuit avec moi une analyse acrobatique depuis six ans. Il souffre de « ne pas éprouver la vie », et ne peut traduire en mots une peur panique qui l'envahit, l'immobilise devant toute motion de désir, toute activité de l'esprit et maintient le vide de sa pensée.
Il souffre dans son corps d'un « trop éprouvé », douleur harassante, contractures de l'abdomen (« ça serre ») et qu'il décrira comme næud, bubon, comédon, ver solitaire, corset de fer, sperme, enfant.
Dès son réveil et pendant la journée, il est habité de la compulsion de se vider de ses selles.