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A un moment où l'état socio-économique présente un caractère de commotion, analyser des patients exige de la part de chaque psychanalyste une remise en cause, qui concerne l'impact soutenu de cette réalité dans le cadre analytique, dans le psychisme de ses analysants et surtout dans son propre psychisme.
Nous nous trouvons ainsi face au problème des limites théoriques de l'analyse en tant qu'instrument et à celles de l'analyste dans sa condition technique et humaine. Ces limites représentent deux facteurs de contrainte de l'acte psychanalytique, qui sont en fait le sujet abordé dans ce travail.
Les coordonnées cliniques se rapportent à un cas suivi par le même analyste pendant trois périodes. Pendant la première période, ce fut un traitement classique qui se termina sans histoires. La deuxième eut lieu durant sa captivité politique à l'époque de la dictature en Argentine. Et la troisième période se déroula pendant la phase terminale de sa vie, époque à laquelle il fut atteint d'un cancer. Il s'agit du seul cas que nous eûmes l'occasion de suivre et où il nous fut possible d'observer d'un point de vue analytique des moments aussi décisifs. Bien que nous ne ferons pas de référence directe à d'autres cas, ni pour ce qui concerne l'époque de menace politique ni pour celle avec des patients mourants ou gravement malades, par contre nous en tiendrons compte afin de nous permettre de faire certaines généralisations.
A l'occasion d'un article écrit récemment (Puget, Wender, 1986), nous avons déjà introduit la notion de « situation vitale limite » qui correspond au fait de psychanalyser dans de telles circonstances. Nous l'avons définie alors : « Condition où un individu se voit placé dans une situation de risque de mort immédiate (torture en prison ou maladie mortelle par exemple) qui l'oblige à employer ses forces aussi bien psychiques