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« La khamsi dit, répète l'enfant, en détachant chaque syllabe, que, à chaque fois qu'elle pense à vous, elle vous mange. »
« Avant de revêtir le bleu de chauffe, nous mettrons notre âme en lieu sûr. »
Les deux citations qui figurent en tête de cette publication marquent, en quelque sorte, les bornes de l'espace imaginaire et culturel où peut se situer la cure analytique en milieu africain.
L'une indique que le fantasme d'incorporation-dévoration1 n'est pas antithétique de ce lien positif à l'autre que l'on aime et dont on veut conserver l'image vivante et le souvenir fidèle au-delà des distances et du temps.
L'autre marque les réticences de celui qui s'engage dans une aventure dont il connaît les risques. Cette instance critique ne nous semble pas éloignée de ce retour sur soi de celui qui va s'engager dans une démarche analytique à travers un parcours dont il n'ignore pas les risques et les dangers.
Examinons brièvement comment se pose, à notre avis, le problème de la cure analytique en milieu traditionnel.
A vrai dire, il ne se pose que dans l'imagination des Européens. La maladie et, plus spécialement encore, les troubles psychiques ou mentaux font partie d'un univers culturel dans lequel ils prennent leur sens et dont ils reçoivent cohérence et spécificité.
La prise en charge de la maladie et du malade par le groupe traditionnel est un point important qu'il convient de souligner. L'individu-sujet se