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Je m'enfuis, bizarre, personne condamnée à porter probablement le deuil de l'inexplicable Pénultième.
Au cours de plusieurs analyses, j'ai été frappé par l'impact traumatique lié, dans l'enfance, au deuil d'un enfant de la fratrie. Ainsi le décès d'un cadet suscite chez l'aîné d'intenses sentiments de culpabilité, dans la mesure où la mort réelle vient en quelque sorte présentifier les souhaits de mort inconscients envers celui qui était venu prendre la place de l'aîné. Cette fixation dans l'inconscient du survivant à l'enfant mort revêt une force particulière lorsqu'il s'agit de la disparition d'un bébé né peu après son aîné, alors que la maturation psychique de ce dernier est insuffisante pour permettre l'élaboration d'un véritable deuil; et c'est par là que l'événement est traumatique. C'est ce qui a pu se passer pour Sigmund Freud dont le jeune frère Julius naquit et mourut au cours de sa seconde année. Le frère mort devient alors une sorte de double mortifère qui va hanter Freud, littéralement obsédé sa vie durant par la pensée de la mort. La lutte pour se séparer de ce double — si proche encore de l'imago maternelle primitive — sera un des moteurs de la création de la psychanalyse; et il n'est pas étonnant que ce soit là un sujet constant, quoiqu'en sourdine, de la thématique freudienne. Ainsi Freud, à l'orée du chapitre VII de L'Interprétation des rêves — le cœur de son élaboration — place le rêve de l'enfant mort qui brûle. Il n'est pas de lui mais figure une sorte de double de sa problématique. Il ne l'interprète pas; mais ce jalon étant posé,