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Dans « Le problème économique du masochisme » (1924), Freud précise qu'il y a trois formes de masochisme: érogène, féminin et moral. S'il décrit longuement les deux derniers, il ne donne que de brèves notations sur le masochisme érogène: c'est « un mode de l'excitation sexuelle », a un plaisir de la douleur », et il est « au fond des deux autres formes »1. Il a un fondement « biologique et constitutionnel » et « reste incompréhensible si l'on ne se résout pas à faire quelques hypothèses sur des points très obscurs »2. Ces hypothèses sont celles concernant l'union originaire de la pulsion de mort et d'Eros.
Nous rappellerons d'abord le destin externe de cette intrication pulsionnelle primaire: cette dérivation se fait « bientôt avec l'aide d'un système organique particulier, la musculature, et en la dirigeant contre les objets du monde extérieur. Elle se nommerait alors pulsion de destruction, pulsion d'emprise, volonté de puissance »3.
Une partie seulement de cette dérivation sera placée directement au service de la fonction sexuelle: « C'est là le sadisme proprement dit. »
Les trois termes en série, dont Freud parle d'abord, me semblent se situer dans un registre plus narcissique que le sadisme:
La pulsion de destruction serait située sur le plan le moins différencié, que nous pouvons nommer le temps présexuel, en ce sens que ni la douleur, ni la jouissance n'entrent encore en ligne de compte.
L'emprise et la volonté de puissance se situeraient déjà plus à la charnière sexuelle, présexuelle. Ce sont des modes d'investissement narcissiques, mais en prise directe sur l'objet.