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La notion de traumatisme ne m'était pas apparue, jusqu'à ces derniers temps, particulièrement centrale dans mon travail clinique. J'estimais que celui-ci, conformément à la théorie analytique telle que je l'avais comprise à travers ma formation, était de toute façon axé sur la réalité psychique telle qu'elle se manifeste dans la situation analytique et dans l'interaction transfert - contre-transfert, quels que soient les événements vécus antérieurement par mes patients et qui conféraient à leur histoire son individualité propre. Cela reste évidemment vrai aujourd'hui encore pour moi, mais l'expérience m'a confronté avec un certain nombre de faits qui m'ont obligé à réfléchir sur le rôle du traumatisme dans la pathologie mentale.
Tout d'abord, la difficulté de terminer certaines analyses. Nous avons tous fait, à cet égard, la même expérience que Freud, telle qu'il la rapporte déjà dans ses écrits sur la technique psychanalytique: si, au début de sa carrière, l'analyste se demande comment il fera pour conserver ses patients, au bout d'un certain temps il est devenu clair que son problème essentiel est de savoir quoi faire pour que ceux-ci puissent le quitter. Rencontrons-nous déjà le problème de la séduction auquel nous aurons tout à l'heure à nous confronter? Vers la fin de sa vie, Freud tentera de donner une autre réponse à cette question dans « Analyse terminée et analyse interminable ». La terminaison de l'analyse, qui constitue sa fin dans les deux sens du terme, porte la marque de la réalité sous la forme de la fin des séances et de la séparation, en principe définitive, entre l'analysé et son analyste, principe ouvertement battu en brèche dans le cas des analyses dites didactiques, comme chacun sait. Il n'en reste pas moins vrai que le processus psychanalytique tout entier ne vise finalement qu'à une seule chose: établir les conditions psychiques permettant que cette séparation devienne tolérable. La fin de l'analyse en constitue l'épreuve décisive, elle confron