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Lorsque S. Freud (1911) définit la pensée comme un acte intériorisé, il nous invite à repérer le motif de l'intériorisation dans l'économie même du processus. La préséance de la pensée sur l'acte résulte d'un souci d'économie psychique, la pensée travaille « à l'économie », à partir de petites quantités. Ceci implique d'ailleurs que l'acte de pensée comporte une certaine décharge, celle qui est nécessaire au processus de déliaison/reliaison du changement autoplastique. Par la pensée, le sujet se change lui-même, il se met en mouvement, en acte, en jeu, au sein d'une structure caractérisée par la re-flexion.
L'obsessionnel pousse à l'extrême cette filiation de la pensée et de l'acte : il fait de la pensée un équivalent quasi total de l'acte, ce qui lui évite d'agir effectivement. En 1923, dans « Le moi et le ça », S. Freud réfère la non-différenciation de la pensée et de l'acte au surmoi sévère de l'obsessionnel. Le surmoi traite la pensée comme l'acte qu'elle représente. Au fonctionnement « magique » de l'obsessionnel classiquement repéré, il ajoute donc l'idée d'une topique mal construite.
Le refoulement est en échec, la pensée est menacée de resexualisation. C'est pourquoi la parole (l'acte de parole) de l'obsessionnel sera si contrôlée, si maîtrisée : en réaction. Il ne pourra cesser de se retenir de penser ou de ne cesser d'annuler dans un acte de pensée magique ce qu'il venait d'avancer, c'est l'annulation rétroactive. La bipolarité' oppositionnelle pensée/acte qui organise la gestion de l'économie psychique est ici écrasée et le sujet doit avoir recours à un autre mode de régulation.
L'hystérie, à sa manière, participe aussi d'une confusion de l'acte et de la représentation, relique de la sexualité infantile. La recondensation de l'acte et de la parole fait de cette dernière une procédure de décharge, comme dans le « coq-à-l'âne » de l'association dé-liée, paroles sans retenues.
Mais l'hystérique trouve dans la conversion ou le fantasme (de séduction) moyen de s'i