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Plusieurs hypothèses sont proposées pour expliquer la prééminence des juifs dans la vie culturelle autrichienne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, comme dans le mouvement psychanalytique ou dans l'austromarxisme dans lesquels ils représentent, selon l'expression de l'historien de l'Autriche W. M. Johnston, une « écrasante majorité »1. L'analyse la plus répandue considère que leur situation particulière dans une société chrétienne qui souvent les rejette a exacerbé leur désir de réussite dans un environnement hostile. Leur marginalité traduirait aussi leur cohésion. Leurs liens intenses leur ont parfois été reprochés, certains considérant qu'ils freinaient leur assimilation. Les antisémites ont vu dans le désir des juifs de maintenir leur identité de groupe un élément de domination du monde, alors que cette situation a été un facteur de survie pour le peuple juif, tant sur le plan matériel que spirituel. Elle a aussi favorisé sa place de bouc émissaire dans la société occidentale.
Cette cohésion existe, nul ne saurait la nier. Il faut néanmoins s'entendre sur sa nature, sur sa signification et sur sa portée. Les juifs se caractérisent par une identité collective juive. C'est tantôt la race, la religion, l'éducation, tantôt les mœurs qui ont servi à en éclaircir l'origine. Toutefois, ils ne constituent pas une race et ne sont pas tous croyants. En majorité, ils sont éduqués selon des préceptes laïques divers et vivent suivant les mœurs de leur pays plutôt que conformément aux lois juives. Toutes ces notions ne sauraient, de nos jours, suffire à justifier cette cohérence. On a aussi parlé de tribu ou de groupe ethnique; là encore, les différences au sein des juifs sont si considérables à tous points de vue qu'on ne peut retenir de critères opérants susceptibles de les qualifier en ces termes.
L'idée que l'unité juive trouve sa source dans l'histoire et le mode de pensée juive qui se seraient transmis jusqu'à nos jours se développe de plus en plus actuell