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Toute l'œuvre de Bion (en dehors de son roman théorique, Mémoires du futur et de sa correspondance) est aujourd'hui traduite. Ses idées ont peu séduit les analystes français. Les uns ont été heurtés par leur présentation logico-mathématique, qui semble s'opposer au côté inattendu de la rencontre analytique. La « grille », qui orne chacun de ses livres, leur apparaît comme une entreprise de quadrillage de l'inconscient. Les autres, attirés par l'envergure de cette construction théorique, ont été déçus par ses formulations paradoxales : Bion définit fréquemment un terme nouveau par un autre terme, qui lui-même tire son sens du premier. Les coordonnées de la « grille » ressemblent, par leur précision, aux repères géographiques qui cherchent à cerner le vide de l'océan dans La chasse au snark de Lewis Carroll :
« Il avait acheté une grande carte représentant la merSans le moindre vestige de terreEt l'équipage fut heureux de constater que c'étaitUne carte qu'ils pouvaient tous comprendreQue servent les pôles Nord de Mercator et des EquateursTropiques Zones et MéridiensAurait pu dire l'Homme à la Cloche et l'équipage eût réponduCe sont tout au plus des signes conventionnelsLes autres cartes sont d'un tel format avec leurs îles et caps