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Ma pratique de gynécologue spécialisée en « Médecine de Reproduction » m'a souvent confrontée aux problèmes de stérilité. L'expérience clinique que j'ai acquise en ce domaine, je la tiens de plusieurs lieux :
— une consultation hospitalière1 spécialisée, où les couples inféconds sont souvent adressés par des médecins, parfois par des relations, ou viennent directement, informés de la spécificité du service;
— une consultation hospitalière liée au CECOS Necker2, où les couples viennent pour demande d'insémination artificielle par donneur.
La réflexion sur ma pratique s'est enrichie de ma participation à un groupe de travail « psychologues-gynécologues »3 consacré à la stérilité, et à un groupe « femmes » multidisciplinaire4 consacré aux nouvelles techniques de procréation. Cette pratique dans le champ de la stérilité est l'objet d'un questionnement qui s'amplifie avec mon expérience et le développement galopant de la technique. A mes interrogations premières sur les facteurs psychogènes de la stérilité, se sont substituées des questions — qui m'occupent de plus en plus — sur le rôle, le poids de la médicalisation et de la psychologisation dans l'infécondité.
Je me propose ici de vous restituer le parcours de couples inféconds et leur vécu au travers de ce que j'entends en consultation, pour tenter de montrer comment ce qu'ils subissent attise leur souffrance d'être stériles.