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Ce travail tente de situer la problématique de la stérilité féminine dite « psychogène » et d'introduire les hypothèses métapsychologiques fondant une recherche qui se poursuit et dont les résultats définitifs paraîtront ultérieurement1.
On peut se demander ce qui, en 1987, suscite un intérêt nouveau pour cette pathologie. Aurait-on recueilli des observations originales, promu une nouvelle théorie, obtenu des succès éclatants par la psychanalyse? Rien de tout cela. Actuellement, une extraordinaire technicité transforme le fonctionnement reproductif en un cycle presque entièrement observable et manipulable. C'est à ce moment précis que la survenue ou la guérison surprenante, voire incompréhensible, de certaines stérilités réveille d'anciennes interrogations retrouvées dans toutes les mythologies.
Depuis l'aube des temps, la stérilité a été considérée comme un fléau majeur frappant les femmes, seules accusées longtemps de cette incapacité impardonnable à prolonger la lignée. Si l'aspect psychologique était bien connu des thérapeutes, ceux-ci tentaient d'y faire face par diverses techniques empiriques, se substituant aux anciennes guérisons miraculeuses que chaque culture imputait à ses dieux. Manière de faire, attitude rassurante du praticien, paradoxal verdict de stérilité définitive ou adoption, pouvaient être suivis de grossesse.
Chaque Société avait une réponse particulière à la souffrance qu'entraîne l'impossibilité, d'engendrer et la rupture de la transmission par la filiation. Dès les temps bibliques, l'inscription de la guérison de Sarah fut l'objet de bien des commentaires.